Depuis plus de vingt ans, la France a contribué à organiser et structurer une centaine (en 2018) d’infrastructures nationales et européennes qui ont transformé les pratiques de recherche et ont permis des avancées scientifiques majeures. Repousser les frontières de la connaissance passe notamment par de grands équipements de recherche permettant de mettre des évolutions technologiques majeures au service de la science. C’est la vision énoncée par la DGRI[1] du MESRI[2] en introduction de la feuille de route[3] nationale des infrastructures de recherche (IR)[4]. Ces outils se singularisent par leur pérennité et l’ampleur de leurs ambitions, mais aussi par des moyens importants qu’il convient de mettre en perspective avec les stratégies nationales, européennes et internationales.

La loi pour une République numérique promulguée en 2016 incite les établissements publics à rendre leurs données ouvertes et réutilisables. Les IR y contribuent en participant : 1) à la définition et à la construction de l’EOSC[5] ; 2) à l’initiative GO FAIR[6], dont la France est l’un des membres fondateurs (création en 2017) et 3) à la mise en place d’un écosystème de science ouverte.

Dans le domaine de l’environnement, les données et produits de recherche délivrés par les IR permettent : 1) de comprendre, modéliser, scénariser et prédire l’évolution de notre planète en matière de climat, de ressources et de biodiversité ; 2) de développer les recherches sur l’adaptation aux changements globaux ou leur atténuation ; 3) d’aider la prise de décision face aux risques (climatiques, telluriques, liés à l’activité anthropique…) et évaluer les effets des politiques publiques.

Les IR et TGIR[7], pensées à l’échelle européenne (ESFRI[8]) ou internationale, sont bâties à partir de dispositifs labellisés par les établissements de recherche et soutenues par le MESRI, leurs établissements supports ou des financements du programme des investissements d’avenir ; la cohérence de leurs actions est assurée dans le cadre de l’alliance AllEnvi. Ces instruments sont multi-tutelles et leur gouvernance adaptée à la diversité des établissements partenaires.

L’IR DATA TERRA

Pour être en mesure de répondre aux questions que se posent nos sociétés sur leur environnement, la recherche doit appréhender le « système Terre » dans son ensemble, du noyau terrestre jusqu’aux limites de l’atmosphère. Elle doit pour cela prendre en compte les interactions entre les différents compartiments du système en question et en considérer tous les aspects, du milieu physique au vivant.

Le pôle de données et services pour le système Terre est une IR depuis 2016. Il offre l’accès à un portail unifié et cohérent fondé sur quatre pôles de données ‒ Aeris, Odatis, ForM@Ter et Theia ‒ ainsi qu’à de nouveaux dispositifs, services et outils transversaux, dont l’ambition est de rendre interopérable l’ensemble des données et services.


[1] DGRI : direction générale de la Recherche et de l’Innovation.

[2] MESRI : ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

[3] http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid70554/la-feuille-de-route-nationale-des-infrastructures-de-recherche.html

[4] IR : infrastructure de recherche.

[5] EOSC : Open Science Cloud européen.

[6] GO FAIR est une initiative lancée en 2017 par les Pays-Bas, l’Allemagne et la France. Elle vise à ouvrir les données de la recherche et à préparer l’Internet des données et des services FAIR. Elle repose sur les principes suivants  : faciles à trouver (Findable), accessibles (Accessible), interopérables (Interoperable) et réutilisables (Reusable) : http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid124728/science-ouverte-la-france-rejoint-go-fair-en-tant-que-co-fondatrice.html

[7] TGIR : très grande IR.

[8] ESFRI : European Strategy Forum on Research Infrastructures ; www.esfri.eu