Éruption du Fagradalsfjall en Islande : l’initiative CIEST2 est activée

Le 19 mars dernier, le volcan Islandais Fagradalsfall est rentré en éruption après 8 siècles de sommeil. Grâce à l’acquisition d’images satellites stéréoscopiques Pléiades, des scientifiques Islandais et Français ont pu déterminer en quelques jours la quantité de lave produite et le flux de magma écoulé en 24 heures.

L’éruption volcanique du Fagradalsfjall se poursuit depuis 2 semaines. Tout a commencé le 24 Février 2021, lorsque deux séismes de magnitude 5 ont été enregistrés dans la péninsule de Reykjanes, à une quarantaine de kilomètres de la capitale Reykjavik en Islande.

Depuis les scientifiques Islandais de l’Institute of Earth Sciences, University of Iceland et du National Land Survey of Iceland surveillaient la zone. Une augmentation de la sismicité et des déplacements du sol mesuré par Interférométrie radar témoignaient d’une progression du magma vers la surface. Des scientifiques Islandais ont contacté leurs collègues Français pour demander la mise à disposition d’images satellites Pléiades.

Activation de l’initiative CIEST2 du pôle ForM@Ter

Samedi 20 mars, l’alerte est donnée et l’initiative CIEST2 dédiée aux catastrophes naturelles du pôle ForM@Ter est activée par Virginie Pinel (spécialiste en volcanologie physique et en télédétection à l’institut des Sciences de la Terre, ISTerre). Le satellite Pléiades est programmé en stéréo le jour même dans le cadre de la Charte internationale «Espace et catastrophes majeures».

La demande de programmation des images Pléiades en mode «rapide» est réalisée par l’intermédiaire du dispositif DINAMIS intégré à l’infrastructure de recherche Data Terra. Un couple d’images stéréoscopiques Pléiades mettant en évidence une partie du volcan est acquis lundi 22 mars.


Interprétation de l’image stéréo Pléiades acquises le lundi 22 mars à 13h20. Pléiades©CNES, 2021 – Distribution Airbus DS.

Les scientifiques Islandais en relation avec les scientifiques Français génèrent en moins de 24 heures une interprétation de l’image et un modèle numérique de surface (MNS) de la zone. Par différence avec un modèle d’archive à 2 mètres de résolution, ils calculent l’épaisseur de lave produite par l’éruption. En parallèle, les résultats sont analysés par les équipes Françaises (ISTerre, LEGOS, ForM@Ter). Mardi 23 mars, une nouvelle acquisition d’un couple d’images stéréoscopiques permet de comparer sur 24h le volume de lave coulée et ainsi mesurer le flux de magma.

Première épaisseur de la coulée obtenue le lundi 22 mars à minuit après production du modèle numérique de surface (MNS) obtenu à partir de l’image Pléiades, coregistration sur le MNS de référence Islandais et différence. Un volume émis de 1.33 millions de m3 donne un taux d’émission moyen de 5.8 m3/s depuis le début de l’éruption.
Seconde carte d’épaisseur de la coulée obtenue le mardi 23 mars après production du MNS à partir de l’image Pléiades acquise le 23 mars à 13h15, coregistration sur le MNS de référence Islandais et analyse de la différence.
Différence entre les MNS obtenus à partir des images Pléiades acquises respectivement le mardi 23 et le lundi 22 mars. La différence de volume de la coulée mesurée en 24h est de 0.48 millions de m3, ce qui correspond à un taux d’émission de 5.68 m3/s. Résultats obtenus par Joaquin Belart (University of Iceland, National Land Survey of Iceland).

Qualifier le nuage volcanique à l’aide d’images satellites

L’éruption Islandaise a produit un «nuage volcanique», c’est à dire un panache de gaz qui s’échappe de la fissure éruptive.

L’acquisition d’images Pléiades le 23 mars 2021 permet de représenter ce panache. Les chercheurs du BRGM, impliqués dans l’initiative CIEST², ont utilisé ces images satellites pour extraire une carte des hauteurs et des vitesses de ce nuage volcanique.

Ces informations sont primordiales pour prédire la dispersion des cendres et des gaz volcaniques dans l’atmosphère. La méthode (vPEM : Volcanic Plume Elevation Model) est basée sur le faible écart entre les acquisitions PAN et XS lors d’un seul passage de Pléiades.

L’éruption est toujours en cours et il n’est pas exclu que d’autres bouches éruptives se forment dans les jours qui viennent. Avec les prochaines acquisitions Pléiades, les scientifiques auront accès à l’évolution du flux de magma émis au cours du temps.

Les images stéréoscopiques seront disponibles sur le catalogue DINAMIS.

➡️ Plus d’informations sur le site web du pôle de données ForM@ter

Contacts

  • Information et contact CNES : Catherine Proy, cheffe de projet du pôle de données ForM@Ter
  • Contact scientifique : Virginie Pinel, ISTerre Institut des Sciences de la Terre

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